Roger Keith (Syd) Barrett - Pink Floyd

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Roger Keith (Syd) Barrett

Pink Floyd > Membres du groupe

De son vrai nom Roger Keith Barrett, il naît à Cambridge en Angleterre et meurt au même endroit le 7 Juillet 2006, des suites de problème relié à un cancer du pancréas. Il était musicien et peintre. Sa renommée repose principalement sur le fait qu'il est considéré comme l'un des co-fondateurs du groupe Pink Floyd. Formé en 1965, son départ est rendu publique le 6 Avril 1968, principalement pour ses problèmes lié à sa consommation de LSD, entraînant chez lui des problèmes de comportement.

De nombreuses personnalités du rock considère Syd Barrett comme une légende. Et il a également été considéré par beaucoup (y compris les membres du groupe), que la somme de ses problèmes étaient une combinaison de problèmes psychologiques (la schizophrénie) et une utilisation excessive de LSD. Triste, mais vrai, il a souvent été appelé; « le plus grand sinistre du LSD dans l'histoire de la musique rock.»

Après sa mort, sa sœur,  Rosemary Breen dira, dans une entrevue au biographe Tim Willis pour le Sunday Times, que;

«Mon frère ne souffrait pas d'une maladie mentale, n’a reçu aucun traitement pour cela. en aucun moment depuis qu’il avait repris contact avec la réalité dans les années 1980.»
«Il a passer un certain temps dans une maison privée pour âme perdue, à Greenwoods dans l'Essex»
«Il n'y avait pas de programme de traitement formel»

Quelques années plus tard, Syd aurait accepté des séances avec un psychiatre à l’hôpital psychiatrique de Fulbourn à Cambridge, mais Breen a affirmé que

«Ni les médicaments, ni la thérapie ont été considérées comme appropriée dans le cas de mon frère»


Barrett aurait pris le surnom de "Syd" vers l'âge de 14 ans, en dérivant le nom d'un contrebassiste de jazz jouant au Riverside Jazz Club, un pub de Cambridge, et qui portait le nom de "Sid Barrett", en modifiant l'orthographe pour se différencier du musicien.

Pendant une période de sept ans, il était un musicien rock actif, période pendant laquelle il a enregistré deux albums avec le groupe, et deux albums solo, avant d'entrer dans l'isolement pendant plus de 30 ans. C’est durant cette solitude que de nombreux travaux ont été réalisés sur lui et sa vie, le plus notable étant «Wish You Were Here» où Barrett était, en fait, le «Diamant fou».

Roger Keith était le quatrième enfant d'une famille de cinq (Alan, Donald. Rosemary et Ruth). Son père, Arthur Max Barrett, était un pathologiste de premier plan, mais également un musicien. Sa mère, Winifred Barrett (Née Flack), est considéré comme une femme de grande ouverture d'esprit. En 1950. sa famille déménage à 183 Hills Road, à Cambridge. Son père succombe à un cancer le 11 Décembre 1961, à l’âge de 52 ans, moins d'un mois avant les 16 ans de Syd. Comme une façon visant à aider son fils à se remettre de son chagrin, sa mère l'a encouragé avec son groupe, nommé "Les Mottoes" (dirigés par Geoff  Mott), à pratiquer dans le salon de la maison. Syd et Roger Waters étaient amis d'enfance, et Waters assistait fréquemment à ses concerts.

Son père travaillait à Addenbrooke, où il a été le pionnier des recherches sur ce qui est connu   aujourd'hui comme, le syndrome de mort subite du nourrisson, et ce jusqu'à la nuit avant sa mort. Syd et sa soeur Rosemary était dévasté.

«La mort de son  père  l’a beaucoup  affecté»,  dira Rosemary.
«Vous n’auriez jamais pu imaginer qu'ils étaient proches, mais ils avaient une sorte de proximité unique. Si Roger (Syd) n’a rien dit d’intelligent, notre père serait toujours le premier à en rire»


Il a fréquenté le «Cambridgeshire High School for Boys» et suivant l'obtention de son diplôme, «The Cambridge College of Arts and Technology.»

Et tout en ne montrant pas ouvertement son chagrin, Barrett a trahit ses sentiments, en tenant    religieusement un journal dès l'âge de 11 ans, ne ratant jamais une journée. Quelques semaines plus tard, Rosemary vit que pour le 11 Décembre, le journal avait été laissé en blanc. Pour Libby Gaudsen, une amie de cœur, Syd avait simplement dit;
«Pauvre père, il est mort aujourd'hui».

C’est à l'âge de 16 ans que Syd s’est jeté dans les party, la cigarette, l'alcool et les rapports sexuels occasionnels.

Dans le livre «Crazy Diamond: Syd Barrett and the Dawn of Pink Floyd
», les auteurs Mike Watkinson et Pete Anders ont inclus des citations d'une histoire qui leur a été racontée par Storm Thorgerson qui soulignait comment la volatilité de Barrett pouvait être.

«Une  fois, j'ai dû lui retirer Lynsey ( la petite amie  de Barrett à l'époque) parce qu'il la battait sur la tête avec une mandoline»


Et selon David Gilmour, dans une interview avec Nick Kent, les autres membres de Pink Floyd avaient approchés le psychiatre R.D. Laing pour le «problème Barrett». Après avoir entendu une conversation enregistrée de Barrett, Gilmour a déclaré que;
«Laing l’a déclaré incurable». Il y a eu beaucoup de spéculations en matière du bien-être psychologique de Barrett. Nombreux étaient ceux qui croyait qu'il souffrait de schizophrénie, le diagnostiquant comme souffrant de trouble bipolaire.  

Mais dans le même temps que Barrett luttait contre ses démons, il a également écrit la plupart du matériel des débuts de Pink Floyd, et était considéré comme un guitariste innovateur, utilisant des techniques étendues et d'explorer les possibilités musicales et sonores de la dissonance, la distorsion, les machines d'écho, les enregistrement sur bande et autres effet. Son expérimentation était partie inspirée par Keith Rowe, un guitariste d'improvisation libre. Une des marques de commerce était de jouer sa guitare à travers une boîte à écho tout en glissant un briquet Zippo, montant et descendant les frettes pour créer ce qui a été décrit comme; «Un son mystérieux d’un autre monde qui est associé au  groupe»
.

SES INSTRUMENTS
De forme libre les séquences de Barrett étaient pionnières d'une nouvelle façon de jouer de la guitare rock. Pendant son temps avec Pink Floyd, il a joué sur différentes guitares; acoustique Harmony, électrique Harmony Hollowbody, une acoustique Fender, plusieurs Telecaster Fender, une Fender Stratocaster blanche, Danelectro 59 DC Single-Coil, et une Fender Esquire argent avec des disques en miroir ornant le corps de la guitare, dont il a proclamé qu’il s’agissait de l'instrument dont il se sentait le plus proche.

SA DISCOGRAPHIE
Les premiers singles que Barrett a écrit était notamment "Arnold Lane", "Candy And Current Bun", "See Emily Play", "The Scarecrow ", "Apples And Oranges", "Flaming", et "The Gnome".
Plus tard, deux albums solo; «The Madcap Laughs» sortie le 3 Janvier 1970 et «Barrett»  le 14 Novembre 1970.
Les compilations solo comprennent «Syd Barrett» en Novembre 1974, «The Madcap Laughs» et «Barrett» sous double ensemble, le 17 octobre 1988, «Octopus The best Of Syd Barrett» le 29 Mai 1992, «Greatest Hits» album sortie sur le label Cleopatra, «Crazy Diamond» en Avril 1993, un coffret contenant les trois albums studio, des  bonus, et «The Best of Syd Barrett: Wouldn’t You Miss Me?» sortie le 16 Avril 2001, contenant une piste inédite «Bob Dylan Blues».

Syd était le premier écrivain pop «psychique» à rivaliser avec John Lennon. Qu'il soit descendu aux abîmes par sa faute n'a jamais été contestée (sauf par sa sœur), mais il est important de comprendre pourquoi et comment c’est arrivé.

L’AVENTURE PINK FLOYD
Les restrictions l’ont forcés très tôt dans un moule commerciale étroit lui causant une douleur insupportable. Il est presque impossible pour un artiste de se limiter, dans l'atteinte du succès commercial. Mais l'atteindre était exactement ce que les autres membres de Pink Floyd voulaient et demandaient. Quand il a fait face à cette réalité, il est probable que sa compréhension fragile de la réalité était perdu et il est tombé dans le vide, essentiellement en faisant une «mort artistique» et une tragédie aux proportions légendaires.

Mais prétendre que sa carrière écourtée a été un échec serait nier les moments flamboyants qu’il a laissé. Il s’est passé plusieurs années depuis son premier enregistrement et sa mythologie, et son travail est plus que jamais intact, celui d'un véritable génie.

Il fut, avec ses copains de Cambridge, parmi les premiers au Royaume-Uni à expérimenter le LSD. Au milieu de la pression croissante de répéter ses premiers succès, il s’est tourné de façon répétitive vers les drogues pour s’évader. Le troisième single du groupe, «Apples and Oranges» n’a pas atteint les chartes, au moment où Pink Floyd s’est lancé dans ce qui est devenu une tournée Américaine désastreuse, leur leader (Syd) n’était plus que l’ombre de lui-même.

En outre, son départ du groupe (son « expulsion », c’est selon) dans des circonstances quelques peu mystérieuses en Avril 1968, pourrait facilement être comparé à Lennon quittant les Beatles après «She Loves You», retournant à Liverpool pour vivre dans la solitude avec sa tante Mimi, ou Pete Townshend laissant «The Who» après «My Generation» et s’installer avec sa  famille, à élever des poulets sur l'île de Wight.

«Il était un jeune garçon très individualistes», a rappelé Mary Waters, la mère de Roger Waters. «Winnie était une merveilleuse mère et l’ambiance à la maison était toujours très heureuse. Il était toujours celui dont sa mère se souciait le plus, plutôt que les autres. Dans les sports scolaires, il courait, et pouvait courir très vite en fait. Je l’ai toujours trouvé très gai mais il est passé par un stade où il avait une phobie de l'école et ont eu du mal à obtenir de lui qu’il y retourne».


«Depuis que j’ai appris à le connaître jusqu'à ce qu’il change, Syd était fantastique», a rappelé  Gilmour. «Il n'y avait pas une seule personne qui ne l'aimait pas, qui le savait brillant, ou n’était pas certain qu'il allait être un succès à quelque chose. Il était beau et incroyablement talentueux pour tout ce qu'il touchait. Il a également été l'une des personnes les plus drôles que j’ai jamais rencontré. Quand il voulait, il pouvait être vraiment drôle et surréaliste».


Et les dames pensaient ainsi, aussi. Il avait beaucoup d’effet. Au moment où il avait 15 ans, Syd était très fort avec les filles et attirait des regards admiratifs des femmes, de deux à trois ans plus vieilles. Sa première relation sérieuse était avec une petite brunette quelques mois plus jeune que lui, avec des cheveux à la mode, coupés au carré dans le style Allemand, qui se distinguait dans les rues de Cambridge. Son nom était Libby Gausden. Elle n’arrivait pas à comprendre ce que Syd voyait en elle, mais ses espoirs ont grandis quand un ami de Syd lui a confié; « … que  Libby serait une fille idéale ... si ce n’était pas de ses taches de rousseur».

Çà été une romance de trois ans, tendue, avec sa part de hauts et de bas. Comme toutes les affaires subséquentes de Syd, sa relation avec Libby était orageuse. Il aimait la compagnie des femmes, de sorte que la possessivité, souvent justifiées, de Libby était la cause de beaucoup de combats. Habituellement il partait et ne lui parlait plus pendant des semaines, comme une punition. Malgré cela, leur relation a culminé jusqu’au mariage, qui a survécu jusqu'à ce qu’il s’installe à Londres pour étudier l'art à la Camberwell en 1964, de sorte qu’il se voyait plus ou moins.

Dès le début, Libby était effrayé par son sens de l’habillement original et par son sens de l'humour cruel, méchant. Il était déjà en route vers le statut de culte, du moins parmi les jeunes de Cambridge. À l'occasion, il accompagnait Libby dans les magasins de Peak, portant des lunettes soleil au beau milieu de l’hiver, laissant croire aux personnes âgées qu'il était aveugle .

Il a commencé à prendre une grande fierté dans son apparence, achetant des vêtements d'Oxfam et de les adapter à ses propres goûts. Ses cheveux, long par rapport aux normes de 1961, étaient aussi terriblement important pour lui. Souvent Libby disait;
«Tu dois les laver jusqu'à ce qu’il soient grichoux»

Dans une interview, de nombreuses années plus tard, Libby a déclaré:

«Il ressemblait à un  étudiant en art et ne s’y conformait pas. Il avait un chandail en tricot de pêcheurs, le  type qui pue à plein nez. Le noir était sa couleur préférée et un de ses biens les plus précieux était une veste en cuir, mais il aimait aussi une chemise et une cravate. Ses cheveux étaient longs, alors que tout le monde les avait courts et il s’appliquait sur le visage une lotion de bronzage artificiel, avant même que le monde en ait entendu parler. Il a vu une fois un encart qui mentionnait «Danger! Traverse d’infirme» et a ri jusqu'à n’en pleurer. Il avait également été doublé par des comédiens comme «The Goons» et «Peter Cook».  Lorsque c’était sur semaine et que c’était à la télévision, il restait à la maison pour voir l’émission. Plus tard, quand il a déménagé à Londres, il écrira des lettres tous les jours et elles étaient toujours hilarantes»


L’art est resté son principal intérêt. Il a organisé une exposition de son travail dans une salle locale au printemps, et la musique pop, encouragé par des ovations enthousiastes les dimanches après-midi de rencontres avec le premier groupe avec qui il a joué, «Geoff Mott And The Mottoes».

Geoff Mott était un dégingandé à lunettes (démarche irrégulière et sautillante, une allure gauche en raison de son corps ou de ses membres trop longs), aux cheveux carotte, qui avait été expulsé pour indiscipline générale avant d'établir son propre groupe de rock. L’image rebelle et l’expérience de Mott, à 19 ans, le faisait paraître plus vieux que le reste de la foule. Faisant de lui une petite célébrité parmi les rockers en herbe de la ville. Il était un leader évident. Clive Welham était le batteur, et à 18 ans, Roger Waters, le fils de l'enseignante de Syd, Mary Waters, a la guitare basse .

Syd a trouvé très peu sur la scène musicale en 1962, pour l’inspirer. Son enregistrement préféré était «Green Onions’ by Booker T and the MGs» Il aimait aussi le trompettiste Miles Davis, que peu d’artistes contemporains avaient même entendu parler. Il a également vanté un chanteur américain inconnu, qu’il croyait, s’appelait Bob Die Lion et a passé des heures à chercher en vain ses enregistrements dans les magasins de disques locaux. Ce n’est quelque temps plus tard, qu’il a appris que le vrai nom de l'artiste était «Bob Dylan».

«Syd était une année derrière moi à Cambridge High », a rappelé Storm Thorgerson, qui dans les années '60 a créé la société de conception à succès «Hipgnosis» qui conçoivent des pochettes d’albums pour d'innombrables groupes, y compris Pink Floyd .

«Au moment où j'ai fait sa connaissance il était déjà fortement près des filles. À 16 ans, le sexe et la musique étaient ses grandes passions. La ville était pleine d'adolescents et nous aimions nous considérer comme socialement rebelle, mais aucun de nous ne l’était vraiment. Ce que nous faisions de plus rebelle était de s’introduire sans invitation à des «party». Une partie de l'été était passé assis sur les berges avec des guitares et faire des pique-niques»


«Il a été souvent mal compris», a déclaré un étudiant en art compatriote, John Gordon.
«Les gens pensaient qu’il était rebelle, mais la seule chose qu'il ne pouvait pas tolérer comme étudiant en art, étaient les pertes de temps. Si nous avions un professeur qui était particulièrement ennuyeux, il devienait tellement perturbant qu'il se faisait jeter hors de la classe, s’il n’était pas déjà sorti»


Son comportement imprévisible, a culminé à la mi-‘67. Sa consommation de LSD était hors normes. Ses visions du  paradis et de l'enfer ont créés les formes de son inspiration pour une grande partie de ses compositions et de son écriture, mais les drogues ont également été le catalyseur dans son auto-destruction. Une désagréable surprise attendait David Gilmour quand il a été appelé dans les Studios Chelsea pendant l'enregistrement de «See Emily Play».

«Syd ne semblait pas me reconnaître et a juste regardé en arrière. J’ai appris à connaître ce regard assez bien et j’allais participer à l’enregistrement en me disant qu’il avait changé. Ce fut un choc. Il était une personne différente. J’ai supposé qu'il avait pris trop de vieilles substances, ce que tout le monde pensait, aussi»


Pete Townshend était un admirateur de son jeu d'accords sauvage, mais a réalisé que le temps qu'il avait pris à connaître Pink Floyd, Barrett était «assez foutu».

«Il n’est pas question que Syd ait quelque chose de spécial, mais si Roger Waters n’avait pas été là, pour être honnête, je ne pense pas que Syd aurait été en mesure de trouver son chemin vers la scène. Il semblait passer la plupart du temps à mettre en place les boîtes d’échos qu'il utilisait. Vous vouliez entendre son jeu de guitare, puis tout à coup vous réalisiez qu'il était parti hors de la scène et s’amusait avec un ampli ou était assis sur une chaise. Vous ne saviez pas d’où le son venait. Mais si Syd était novateur à quelque chose, c’était de devenir complètement et totalement hors de lui. Il était la première personne, que je n’ai jamais vu, qui était totalement «parti» sur scène. Je ne l’aurais jamais fait et ne le ferait jamais à quelqu'un que je connaisse, parce qu'il y avait encore énormément de respect envers le public. Syd a pu y échapper parce qu'il pouvait compter sur la majorité du public, qui avait également le cerveau affecté. Curieusement, la personne qui m’a fait une peur bleue, c’était Roger Waters. Il avait un visage effrayant à la fois, sur et hors scène. Syd était pitoyable et tragique en comparaison»


La sœur de Syd, Rosemary, qui avait été si enthousiasmés par le succès de «See  Emily Play», a réalisé que quelque chose allait terriblement mal.

«La fois suivante ou je l’ai vu, il avait tellement changé qu’il était devenu hors de ma portée. Le frère que j’avais avait disparu. Après cette rencontre, je ne pouvais plus jouir de la musique désormais»


Kris DiLorenzo a écrit un long article sur Barrett à la fin des années ‘70 pour "Trouser Press magazine". Dans l'article, il a déclaré:

«La musique de Barrett était aussi expérimental que vous pouviez obtenir, sans traverser entièrement dans le jazz libre. Il y avait tout simplement pas d'autres groupes traversant les frontières du rock au-delà des thèmes de sexe de base et de l'amour».
«Sa marque de commerce et son talon d'achille était la soudaine surprise. Des accords comme un transe se glissait brusquement dans un intense grattage, légèrement décalé (Astronomy Domine), l'urgence agitée de céder la place à la puissance, des pics effrayants (Interstellar  Overdrive), ou des paroles satiriques inoffensives sur un puissant ressac de rétroaction d’un mauvais son et d’un wah-wah menaçant (Lucifer Sam)... ».
«Son travail avec Pink Floyd se classe toujours comme une partie sensationnelle du jeu le plus expressif enregistré par un artiste rock».
«Indiscutablement, Barrett était un innovateur. Qu'il était extrêmement conscient ou en contrôle de son art est impossible de déterminer»


«The Piper At The Gates of Dawn» est considéré comme l'un des meilleurs albums jamais fait. Le 20ème anniversaire de l’ édition du magazine Rolling Stone en 1987 l’a classé 79ième sur la liste de tous les temps, affirmant que les débuts explosifs de Pink Floyd de fureur psycho-acide, a été à l'Angleterre les premières floraison du psychédélismes comme l’a été Jefferson Airplane’s (Surrealistic Pillow) à San-Francisco lors du «Summer of Love».

Il ne devait plus jamais retrouver la magie de ce premier album. En Août 1967, au milieu de la fureur de son départ, il y avait des rumeurs persistantes que tout n’allait pas bien dans le camp de Pink Floyd. Il était même question que Syd avait quitté le groupe après l'annulation d'un voyage promotionnel en Allemagne et une nuit blanche à Torquay.

Andrew King, le plus sérieusement du monde, a assuré, au magazine NME que, Syd n’avait pas quitté le groupe, il était fatigué et il lui a été conseillé de se reposer pendant deux semaines. Quand le magazine Melody Maker a eu vent de l'histoire, le 19 Août, il a produit une édition spéciale avec le titre de la première page proclamant en caractères gras: «Pink Floyd Flake Out (Pink Floyd s’écroule)».

Le problème de Syd Barrett était maintenant nettement plus grave que les premières impressions. Il souffrait d'épuisement nerveux, ce qui a forcé le groupe à annuler tous les travaux jusqu'à la fin du mois, perdant ainsi de l’argent. Tous les quatre ont donc fait leurs valises, pour un peu de repos, en Espagne.

En conséquence, Pink Floyd n'a pas pu apparaître au prestigieux Festival National de Jazz et Blues de Windsor, où les fans, désabusés, ont hués l’ex-chanteur Manfred Mann Paul Jones quand il a annoncé que le groupe n’y serait pas.

Espérant mettre toutes les difficultés récentes derrière eux, Andrew King a cédulé une courte série d'apparitions, pour introduire Pink Floyd au  public Américain. Ils sont partis pour les États-Unis le 24 octobre 1967, mais, ont dus revenir une semaine plus tard, après une série de catastrophes. King, dans son optimisme, avait réservé trois soirs au «Bill Graham Fillmore West» à San Francisco le 26, 27, et 28 octobre. Un certain nombre d'apparitions à la télévision ont également été prévu. King était parti trois jours plus tôt seulement, pour découvrir avec  horreur, qu'il ne pouvait pas faire entrer le groupe dans le pays.


«Ils  étaient en retard en raison de problèmes de permis de travail et a fini par être le premier groupe à ne pas se présenter au «Bill Graham Fillmore West», a t-il  rappelé. «J’avais trois jours avec le promoteur Bill Graham, qui devenait fou. Enfin, nous avons dû téléphoner au vice-président à environ cinq heures du matin pour s’assurer que tout soit attaché. C’était un très mauvais départ et quand enfin le moment est arrivé, nous avons trouvé que notre spectacle de lumière était une blague»
«Nos éclairages étaient pathétique à voir à San Francisco. Tout le spectacle était risible par rapport aux normes d'aujourd'hui de la haute technologie. Nous pensions que nous faisions mieux qu'eux parce que nos effets étaient plus intelligents et plus intéressant. Peut-être qu'ils l'étaient, nos «strobes» colorés étaient tout à fait extraordinaire, mais ils avaient tendances à sauter toutes les 10 secondes, de sorte qu’ils faisaient rarement le travail»
«En Amérique, ils ont du matériel de grande puissance, mais nous n’avions tout simplement pas ce genre d'engins. La plus grosse lampe que nous avions était une ampoule de 1 kilowatts, mais un spectacle typique de la côte Ouest Américaine avait 20 ampoules 10 kilowatts. Les seules choses qui fonctionnaient vraiment, c’étaient les projections de diapositives»


«Le vieux «Fillmore» ressemblait à une grande salle d'église contenant environ 2,000 personnes. Puis il y a eu le grand «Winterland». Les premières soirées dans de plus petits endroits faisaient une très forte impression, mais la soirée suivante dans le «Winterland» nous avons été complètement ébahis»


Troisième à se produire au «Janis Joplin’s Big Brother and the Holding Company and Richie Havens», Pink Floyd s’attendait à ce que; «quelques choses ressortent». Au contraire, ils ont été consternés de constater qu'ils ont précédés du «blues-rock». Sans surprise, ils sont tombés comme un ballon de plomb.

«C’était vraiment un manque d'expérience», dira King. «Fondamentalement, nous n’aurions pas du sortir quand nous l’avons fait. Je n'avais aucun moyen de me rendre compte à quel point, la maison de disques était détachée. Elle était une filiale de «Capitol». Quand nous sommes allés à une réunion avec le directeur général, il fondit en larmes et nous a demandé ce qu'il allait faire»
«Détaché du monde», était également une description parfaite de l'état de Syd, sur le risque mal avisé, et les problèmes sont venus alors que nous étions la tête d’affiche sur le spectacle pop de télévision Américaine «American Bandstand» de Dick Clark, qui avait un public essentiellement adolescents. Pink Floyd devait mimer (lipsing) «See Emily Play» pour laquelle les techniciens de la télévision avaient conçu un effet vidéo primitif simulant des nuages tourbillonnants»
«C’était horrible. Syd ne bougeait pas ses lèvres ce jour-là. Nous avons donc dû faire semblant que Roger chantait pendant que Syd se tenait juste là»
«Puis sur le «Pat Boone Show», l'hôte y est allé d’un barrage de questions stupides à Syd, dont la seule réponse était un regard totalement désintéressée»


La patience de Barrett a finalement explosé lors de l'enregistrement d'une troisième émission de télévision. Sa sortie a incité l'annulation de l'apparition de Pink Floyd. D'autres concerts étaient prévus pour Chicago et New York, mais à ce stade, King, dont les nerfs, tout comme ceux des autres, étaient à vifs, il a été décidé de réduire les pertes. La Côte Est Américaine n'a jamais vu Syd de Pink Floyd.

Quand est venu le temps d'enregistrer «Jugband Blues» pour «Saucerful Of Secrets», Jenner  en est venu à réaliser que les paroles étaient le summum de l'auto-diagnostique de Syd, de son propre état schizophrénique.

«C’est vraiment gentil de ta part de penser que je suis là»
«Et je suis plus qu’obligé de te faire savoir pour que tout soit clair, que je ne suis pas là»
«Et je me demande qui peut bien écrire cette chanson»


Syd a toujours eu un sens de l'humour sardonique et il y avait des suggestions que la dernière ligne était un coup de coude au reste du groupe sur la façon dont ils pourraient réussir avec la même pensée, dans la continuité, sans lui.

Peter Jenner : «Je pense que nous avons eu tendance à sous-estimer l'ampleur de son problème. Une chose que je regrette, c’est que j'ai fait des demandes à Syd. Il avait écrit «See Emily Play» et soudain tout devait être vu  en termes commerciaux. Je pense que nous l'avons mis dans un état de paranoïa d'avoir à trouver un autre succès avec un single»


Storm Thorgerson : «Je me souviens d’avoir vu Pink Floyd jouer un soir et de réaliser soudainement que Syd jouait un air complètement différente du reste du groupe ou  cherchant une variation différente, que les autres avaient du mal à suivre. Certaines personnes disaient qu'il a seulement joué une seule note parce qu'il était un génie, mais je n’ai pas acheté cette merde. Si vous êtes dans un groupe, vous êtes dans un groupe. Syd commençait à être un véritable frein, un mégalomane, déconnecté de la réalité. Il semblait voyager dans son propre esprit et devenait de plus en plus intéressés par les arrêtes de sa personnalité qui le séparait du reste du groupe»

La personne qui a pris le choc des remue-méninges de Barrett était sa petite amie de longue date, Lynsey Korner. Lynsey a toujours considéré Syd comme «la plus douce, la plus gentille personne, la plus complète des personnes imaginables», mais peu de temps après la sortie de «See Emily Play», la schizophrénie chronique a pris place, et au Noël suivant, même Lynsey admit que; «Syd commençait à agir de façon un peu dingue». Elle a très tôt payé pour son état s’aggravant. L'un des effets secondaires les plus tangibles du LSD, sont des rages soudaines et violentes, mais Peter Jenner n’était pas au courant de cela, quand Lynsey apparue sur le pas de sa porte, un matin, battue. Lui et les autres ne pouvait pas accepter que Syd en était responsable et ne réalisait pas la pleine mesure de sa dépendance à la drogue.

Quelques semaines plus tard, Syd, accompagne un vieil ami de Cambridge, Nigel Lesmoire-Gordon, et quelques autres monstres lors d’un week-end de LSD au chalet d’Andrew King à Herefordshire. Lesmoire-Gordon se rappelle que Syd passa une nuit entière suspendue à une poutre et balancant ses talons d’avant en arrière sur une bouteille de limonade. Il a admis;
«A ce stade, c'était difficile de dire qui était fou et qui ne l’était pas».

Syd était dans des expériences anarchiques qui naturellement l’ont éloigné du reste du groupe. Waters et les autres avaient un sentiment grandissant qu'il essayait de les faire paraître stupide, tout en notant le nombre grandissant des promoteurs qui ont précisé clairement, qu’ils ne seraient pas réinvités. Le dernier concert majeur de Barrett a été le spectacle de «Christmas On Earth Revisited show» à l'Olympia le 22 décembre 1967. Hendrix, The Move et The Soft Machine étaient de la programmation, mais la réunion était loin d'être mémorable lors du spectacle par manque d’atmosphère spacieux. Les bras de Syd étaient pendus mollement sur ses côtés, pendant que Pink Floyd passait à travers leur set sans sa participation active.


Andrew King:
«Les choses étaient terribles sur scène. Personne ne jouait vraiment quelques choses, excepté Roger Waters, qui gardé le même jeu de basse à plusieurs reprises pendant que les autres étaient juste debout ne sachant pas quoi faire».


Syd avait finalement apporté ses idées de forme libre à un logique, peu satisfait de la conclusion.


Nick Mason :
«Nous étions stupéfié en pensant que l’on ne pouvait pas se débrouiller sans Syd. Donc nous supportions, ce qui peut seulement être décrit, comme un putain de maniaque. Nous n'avions pas voulu utiliser ces mots, mais je pense qu'il l'était».


Roger Waters: «Les choses en sont venues au fait, où nous avons dû dire à Syd qu'il devait quitter, parce que nous le respections en tant qu'écrivain, mais ses performances Live étaient nulles. Il travaillait sur tant de choses que nous ne comprenions pas. Il désaccordait sa guitare et grattait les cordes desserrées. Nous avions l'habitude de sortir de scène en saignants parce que nous frappions des choses dans notre frustration».


Waters, Mason et Wright ont reconnu que le remplaçant logique pour Syd était David Gilmour, qui était de retour à Londres, après une année en France.


Nick Mason: «Nous avons enseigné à David les pièces avec l'idée que nous allions être un Quintet. Puis Syd est arrivé avec quelques inédits. L’une d’elles était "Have You Got It Yet?", mais il l’a tellement modifié que personne ne pouvait l'apprendre».


Waters: «C'était réellement un acte de génie fou. La chose intéressante à ce sujet était que je n’ai pas pigé du tout. Je suis resté là, environ une heure, alors qu'il chantait "Have You Got It Yet? »  et je chanterais "Non, non, Terrifiant»


Pink Floyd a joué cinq concerts comme un quintet, la première fois à l’université d'Aston à Birmingham, puis ils en sont arrivés à la conclusion qu'il était inutile que Barrett vienne, juste pour gâcher les choses. Les cinq hommes ont posés stoïquement pour une séance photo en Janvier 1968. Dans l'une des images, Barrett, le visage émacié, les yeux creux, est derrière Waters et Mason, presque totalement occultée par leurs épaules. La prise de vue, claire, de Waters, Mason, Wright et Gilmour contraste fortement avec Barrett, hors du focus. Si par accident du design, le photographe n'a pas pu régler sa profondeur de champ, laissant l'image fantomatique de Syd en arrière-plan, un peu comme un commentaire sur son état actuel dans le groupe. Le point de non retour a débuté le 2 mars 1968.

Waters: «Nous avons eu une grande réunion à Ladbroke Road, qui a été commandé par moi et Syd, assis dans une salle de conversation. J'avais travaillé sur ce que je pensais être le seul moyen dont nous pourrions travailler ensemble, à savoir, pour Syd, de devenir une sorte de Brian Wilson (The Beach Boys), d’écrire des chansons et de venir aux séances d'enregistrement. En fin d'après-midi, j'ai cru que je l’avais convaincu, que c'était une bonne idée mais, çà ne signifiait pas grand chose parce qu'il était susceptible de changer d'avis sur quoi que ce soit, totalement, en une heure. Il est rentré chez lui et je suis allé rencontrer Peter (Jenner) et Andrew (King) et leur ai dit que c'était la fin. Si cela n'e fonctionnait, alors s’en était terminé. Ils ne voyaient choses de la même manière que moi. Nous les avons jamais vus par la suite sauf lors de réunions pour dissoudre notre association. Il fallait démêler qui appartenait à qui, mais ce fut la fin de cette journée».

King:
«Fondamentalement, nous nous sommes rangés derrière Syd. Nous avons pensé que Pink Floyd n'avait aucun avenir sans lui. Si vous le souhaitez, nous étions des Groupies de Syd, c'est certainement ce que dirais Roger Waters. Il dirait que nous avons pensé que le soleil brillait derrière Syd et pas sur le reste du groupe, un peu dur, mais largement vrai».


Gilmour n'était pas encore particulièrement convivial avec les collègues de Syd "Pink Floyd", les ayant rencontrés seulement quelquefois, mais quand il a assisté à un concert à Londres à Noël 1967, Nick Mason a suggéré que le groupe soit en contact assez vite. Pressé pour obtenir une explication, Mason a répondu «Les choses sont en mouvement... nous ne pouvons pas le maintenir plus longtemps».

Gilmour dira plus tard: «Ce n'était pas impossible de jouer avec Syd. C’était totalement impossible. C'était une décision purement pratique. Il y n'avait aucun autre choix à faire. Si il était resté, Pink Floyd serait mort une mort ignominieuse».


Au cours des années, depuis, il y a ceux qui suggèrent que les collègues de Syd ont profité de son état pour l'évincer du groupe. Gilmour avoue franchement qu'il y a une part de vérité dans ceci:
«Le fait est que les groupes de Rock & Roll veulent réussir, et quand ils atteignent un certain degré de succès, et voient que l’aspiration est loin d'eux, ils vont devenir impitoyable. Il faut en arriver à des décisions difficiles à prendre par vous, et difficile pour d'autres à prendre».

Gilmour rejette toute suggestion qu'en remplaçant Barrett, il a été placé dans une position inconfortable.
«Je ne pense pas que j'ai songé que Syd saurait ce qui s'était passé. Il était donc ainsi à l'époque. Normalement nous aurions du le ramasser avec la Bentley, mais un jour, quelqu'un a demandé: «Allons nous ramassons Syd?» et quelqu'un d'autre a répondu: «Non, n’allons plus le ramasser». Et plus Jamais, nous sommes allés à le prendre. C'est aussi simple que cela».

Mais Syd avait toujours une copie des dates de concert du groupe, et à plusieurs reprises, il a été entrevu debout, en silence, dans le public. À ce stade, Gilmour a dit qu'il a commencé à ressentir un certain inconfort. Un incident troublant est survenu au «Middle Earth», peu après que la rupture ait été officialisée.

Gilmour: «Syd est venu et était juste devant moi. J'étais sur le devant de la scène, alors que sa tête était à la hauteur de mes pieds. Il était là, regardant le microphone, criant après moi tout le long»


Gilmour a été profondément perturbés de sa malveillance, disant à son colocataire, Ian Moore: «Je ne pense pas que je peux en prendre beaucoup plus». L'animosité envers le guitariste ne s’est pas répétée, mais le comportement violent de Syd vers Lynsey est devenu plus grave.

Ils (Syd et Lynsey) avaient emménagé avec des amis à Richmond, et il s'avère que le couple était une paire de fan du LSD connu sous ‘Mad Jock and Mad Sue’, qui avait été aux abords de la scène Pink Floyd, pendant un certain temps. Compte tenu de leur réputation, la décision d’emménager, était comme demander à un alcoolique d’opérer une brasserie. L’idée particulière de l’hospitalité de Sue et Jock était de fortifier le café matinal de leurs invités avec de fortes doses d'acide. Par conséquent, quand Storm Thorgerson a ensuite rencontré Syd, il découvrit que Barrett était solidement disjoncté, pendant trois mois, sans même qu’il n’en soit conscient. Thorgerson a pris immédiatement Syd et Lynsey à son propre appartement de South Kensington.

Thorgerson: «Il était assez peu communicatif, correct quelques jours et pire d'autres jours, il était violent envers Lynsey mais pas envers nous. Une fois j'ai dû lui retirer Lynsey parce qu'il lui tapait sur la tête avec une mandoline»


Peu après, Syd a rompu avec Lynsey, et alimenté par le LSD et de fortes doses de comprimés de mandrax, partit en promenade en voiture autour de l'Angleterre. La balade s'est terminée à Cambridge, où il a reçu des traitements psychiatriques à l'hôpital local, où un nombre de victimes locales de l’acides avait déjà été traité.

Un événement mémorable de cette période critique, dans la vie de Syd, illustre graphiquement comment ses bouffonneries peu orthodoxes ajoute au carburant de sa légende. Il est mieux connu comme «l'incident de mandrax» et s'est déroulée lors de l'un de ses derniers concerts avec Pink Floyd. Le lieu est inconnu, mais il semble s'être produit lorsque le reste du groupe défile sur scène, laissant Barrett dans la loge, essayant frénétiquement, d'arranger sa chevelure ébouriffé. En désespoir et comme dernier recours, il verse ses comprimés de mandrax colorés dans un pot de Brylcreem et se répand tout sur la tête. Reprenant sa guitare, il marcha ensuite sur scène. Sous les lumières chaudes, le mélange coagule et commencé à fondre et à couler sur son front. Une douzaine de fans dans la première rangée, paniqués ont crié à l'unisson, comme si son visage se désagrégeait sous leurs yeux.

Quelque temps plus tard, alors qu'il travaillait sur le matériel pour «The Madcap Laughs», le batteur de «Humble Pie», Jerry Shirley, avait rendu visite à Syd et dira plus tard, qu'il n'oublierait jamais.

«J'ai visité Syd à son appartement, où j'ai vécu assez proche, et c'était un taudis absolue, bien que je pouvais dire à l'origine, que c’est un très bel endroit. C’était comme un lieu de rencontre typiquement hippie, le lavage était énorme et pas fait, il y avait de la merde de chien dans le coin, de la pisse de chat sur le «Sunday Paper» dans tous les sens. En ce temps-là, les appartements de la plupart des gens ressemblaient à çà dans une certaine mesure, mais celui de Syd était particulièrement torride»
«Vous pourriez avoir une conversation tout à fait normale avec lui pour une demi-heure et puis, soudainement il éteignait, son esprit s’éteignant à un autre endroit. Une nuit je suis descendu dans un bar clandestin avec lui, et sur le chemin il allait très bien, bavard et tout à fait normal. Nous sommes entrés et il y avait cette pression instantannée des personnes regardant Syd, pas comme s’il ressemblait à la plupart des gens, mais comme s’il était absolument gelé, et ne disait pas un mot»
«Syd a une terrible habitude de vous regarder et rire d'une manière qui vous fait sentir vraiment stupide. Il donne l'impression qu'il sait quelque chose, que vous ne le savez pas. Il a eu ce genre de fou rire, maniaque, lorsqu’il a fait "The Madcap Laughs" tel un nom approprié pour son album, il rit vraiment de vous»


N'étant plus avec Pink Floyd, Barrett s'écarte de l'opinion publique. Sous l'impulsion de EMI et Harvest Records, il a une brève carrière solo, lance «The Madcap Laughs» et «Barrett». La plupart des compositions sur les deux albums datent en fait de sa période la plus productive d'écriture, de fin 1966 au milieu de l'année 1967.

«The Madcap Laughs» a été enregistré en deux sessions distinctes aux Studios Abbey Road. Quelques séances provisoires ont eu lieu entre mai et juin 1968, produit par Jenner, tandis que la majorité de l'album a été enregistré entre avril et juillet 1969. Il est d'abord produit par Malcolm Jones, un jeune cadre d'EMI, puis par David Gilmour et Roger Waters.

Dans son livre «The Making of The Madcap Laughs», Jones a écrit: «Lorsque David est venue et a dit que Syd voulait que lui et Roger fassent le reste de l'album, j'ai marché à leur côté».

Quelques pistes sur l'album sont doublées par des membres de «The Soft Machine». Barrett a aussi joué la guitare sur les sessions pour le long jeu «Joy of a Toy» de  Kevin Ayers, fondateur de «The Soft Machine», bien que sa performance sur "Religious Experience" n'est sorti pas incluse à la réédition de l'album en 2003.

Le deuxième album de Syd Barrett, a été enregistré encore plus sporadiquement que le premier, avec des sessions ayant lieu entre février et juillet 1970. L'album a été produit par David Gilmour et Richard Wright, Gilmour jouant la guitare basse, Wright du clavier et Jerry Shirley de «Humble Pie» la batterie.

Malgré les nombreuses dates d'enregistrement pour ses deux albums solo, Barrett a eu très peu d’activité musicale entre 1968 et 1972 en dehors du studio. Le 24 février 1970, il est apparu à l’émission de John Peel, «Top Gear», sur la BBC radio jouant cinq chansons, seulement l’une d’elle avait été précédemment lancée. Trois serait ré-enregistré pour l'album «Barrett», tandis que la chanson "Two of a Kind" est une performance unique (la chanson apparaît sur la compilation 2001 «The Best of Syd Barrett : wouldn't You Miss Me?») avec les paroles et la composition ayant depuis été crédité à Richard Wright. Barrett a été accompagnée cette session par Gilmour à la basse et Shirley à la batterie.

Ayant été considéré par plusieurs comme vivant reclus, sa famille découvre, après sa mort qu'il n'acoutait que du Jazz et pas de Rock. Il semblait vivre avec un strict minimum, et il laisse à sa famille plus de 1MM de Livres Sterling.

Aucun des membres de Pink Floyd n'assistera aux obsèques.


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